Le message de Vincent MOLINA, Président du SyNESI, aux employeurs d’Ateliers et Chantiers d’Insertion :

Chers Adhérentes et Adhérents, Chers employeurs de la branche des ACI,

En ce début d’automne 2017, la vie d’un employeur n’est pas des plus simples. Les réformes successives du code du travail, pour autant qu’elles se veuillent « simplificatrices », et même si sur le fond elles apportent de réels progrès, elles peuvent dans un premier temps, ajouter une certaine confusion dans l’esprit des employeurs associatifs.

Pourtant, après le temps nécessaire à une lecture attentive et à la compréhension des textes, ces  « ordonnances » qui ont tant fait parler, écrire, manifester, peuvent apporter des améliorations significatives à nos structures : simplification de certaines démarches, limitation de risques devant les tribunaux prud’hommes, possibilité de négociations et de signatures d’accords d’entreprises, cadre légal garanti par des accords de branche et notamment concernant les minima…  Bien entendu, comme dans tout texte législatif, il faudra être vigilant et déceler les inconvénients qui pourront se dissimuler entre les lignes d’un vocabulaire juridique. Nous nous trouvons devant de nouvelles modalités de dialogue social dans l’entreprise, une façon pour nombre de nos structures de taille modeste de valider les décisions collectives prises au sein de l’association. Ce pourrait être aussi un nouvel élan de nos ISCT, qui bien avant les ordonnances, avaient organisé dans notre branche un dialogue social entre les salariés et les employeurs dans nos associations.

Il y a aussi, bien entendu, le problème de la baisse des contrats aidés qui peut mettre certaines de nos structures en difficulté. Sur ce plan, il nous faudra, au coup par coup, négocier directement dans les territoires. Montrer, une fois de plus, la plus value que nos structures apportent à ces dispositifs et, par conséquent, la rentabilité et l’efficience aussi bien sociale que financière qu’un « employeur spécifique d’insertion » peut garantir aux salariés qui bénéficient de ce programme.

Enfin, nous devons être présents et vigilants dans la réforme de la formation professionnelle… Nous devons démontrer l’importance pour l’IAE et en particulier les ACI.

Importance, bien entendu pour notre mission. L’état lui-même nous impose la fonction de formation dans notre projet d’insertion et il en mesure et évalue les résultats. Importance dans notre démarche de formation en situation de production, facteur de réussite de notre pédagogie, et condition d’évolution positive pour nos salariés polyvalents. Cette démarche devra trouver dans les nouveaux textes des solutions financières de réalisation. Importance également de la formation et de la professionnalisation de nos salariés permanents. L’ACI est un projet qui développe un outil de plus en plus technique, une pédagogie en continuelle évolution qui pour être efficace, doit être maîtrisée par les techniciens qui à leur tour, devront se former tout au long de leur vie professionnelle.

Nous serons à vos côtés dans cette démarche. Le syndicat doit également se professionnaliser pour vous accompagner dans ces évolutions. Dans ce sens, je souhaite la bienvenue à Alexandra ABDELLI qui vient de rejoindre notre équipe. Juriste, spécialiste en droit social, elle occupe ses fonctions depuis le 16 août dernier. Elle saura vous apporter l’accompagnement et les réponses nécessaires à nombre de vos questions sur l’application ou l’interprétation la plus juste des textes conventionnels et légaux.

Le Journal officiel du 6 septembre dernier, annonce  que l’arrêté du 26 juillet consacre le Synesi comme l’organisation patronale représentative dans la branche des ACI. Les nouvelles règles de représentativité  modifient les partenaires sociaux autour de la table  du paritarisme. Les trois organisations syndicales sont aujourd’hui la CFDT, la CGT, et  Solidaires. La CFTC et la CFE-CGC, signataires de la convention des ACI à son avènement, ne trouvent plus suffisamment de voix pour être représentatifs dans la branche des ACI et, en conséquence, ne serons plus dans les négociations à la table du paritarisme. Je salue ici leurs représentants, Christèle DUGUÉ et Frédéric BELOUZE (CFTC) et Antoine PROST (CFE-CGC) qui nous ont accompagné tout au long du chemin qui aboutit aujourd’hui à la branche professionnelle à laquelle nous appartenons. C’est avec tristesse que nous prenons acte de leur absence désormais à nos commissions où ils ont toujours su être des négociateurs constructifs et loyaux. Je salue ici leur investissement et la motivation dont ils ont fait preuve dans la construction de notre dialogue social national.

Ceci nous amène à une réflexion importante pour l’avenir du syndicat. Nous sommes aujourd’hui la branche des ACI, soit la branche d’un dispositif de l’État dans le cadre de L’IAE. Notre champ d’application précise la condition de conventionnement IAE. Mais d’autre part, notre titre de « syndicats des employeurs spécifique d’insertion » ne nous ouvre-t-il pas une dimension supérieure à ce conventionnement ? Il nous appartient de mener à bien une réflexion collective de ce que nous voulons faire de notre syndicat dans l’avenir. Je vous donne rendez-vous le 30 mars 2018 pour un colloque qui réunira le plus grand nombre afin de réfléchir ensemble et avec nos partenaires à ce que pourrait être notre syndicat demain.

Je voudrais également vous rappeler ici que notre Assemblée Générale du 22 juin dernier a été marquée pas le départ du Conseil d’Administration de notre ami Julien LE SAGE. Président-fondateur du syndicat à sa création en 2006, il a continué sa mission en tant que Vice-président depuis juillet 2008 jusqu’à juin dernier. Président et Vice-président, suivant l’alternance règlementaire, de la CPNEF (Commission Paritaire Nationale Emploi Formation) depuis sa création en juillet 2011, le syndicat porte sa marque laissée pas un investissement personnel indéfectible qui ne trouvera sans doute jamais son pareil. Il souhaite aujourd’hui s’investir dans de nouveaux combats tout en demeurant présent dans le domaine de l’insertion, de la formation et bien sûr de l’économie sociale et nous assure de sa présence à nos côtés s’il en était besoin dans nos futurs débats. Ta personnalité et tes compétences nous manqueront Julien, mais nous savons que tu ne seras jamais très loin de nos préoccupations…

Il ne me reste à vous souhaiter, chers employeurs ACI, le courage nécessaire à ces nouveaux challenges, mais comme je l’ai déjà exprimé, le courage et la détermination ne sont pas des ressources qui manquent dans nos associations !

Vincent MOLINA

Président du SyNESI