Le message de Vincent MOLINA, Président du SyNESI, aux employeurs d’Ateliers et Chantiers d’Insertion :

Chères adhérentes,

Chers adhérents,

Chers employeurs spécifiques d’Insertion,

L’été est là… Et il est chaud ! Je ne parlerai pas des réformes, il y en a trop, le rythme est soutenu et le changement est devenu perpétuel ! Comment tout suivre ? Comment s’adapter à tout ? Comment tout comprendre ? Mais le philosophe Grec Héraclite ne disait-il pas « Rien n’est permanent, sauf le changement » ?

Alors tout d’abord je vais remercier les adhérents du syndicat qui, au cours de l’Assemblée Générale ordinaire qui s’est tenue le 25 juin dernier, m’ont renouvelé leur confiance et reconduit au poste de Président. J’en suis honoré et ferai de mon mieux, et plus encore, pour assumer le crédit qui m’est renouvelé. J’en profite pour dire au revoir à deux militants de la première heure, deux moteurs du syndicat qui l’ont accompagné jusqu’à aujourd’hui avec une fidélité exemplaire après l’avoir porté sur les fonts baptismaux, j’ai nommé : Jean-René Fraudeau et Jean-Yves Favreau. Ils ont pris, si je puis m’exprimer ainsi, retraite du syndicat au cours de l’Assemblée Générale. Je leur souhaite tous mes vœux de félicité et leur dis merci au nom de tous…

Comment ne pas parler de réforme quand se dessine devant nous celle de la formation professionnelle. Une fois de plus nous n’aurons pas la pérennité attendue pour financer la formation de nos salariés polyvalents. Malgré la mobilisation de tous les acteurs et notamment nos réseaux partenaires et notre OPCA, Uniformation, le législateur estime que le PIC IAE est suffisant et répond à nos besoins. Mais je pense que le législateur les a sous-estimés. Mais, par ailleurs, il faut tout de même reconnaître que ce programme est une avancée non négligeable. Établit pour une durée de 5 ans, il constitue un co-financement réservé aux salariés polyvalents (en CDDI) qui devrait répondre à nos premiers besoins et libérer les lignes pour nos salariés permanents.

Comme je viens de le mentionner le PIC IAE est un co-financement. Notre OPCA de branche s’est mobilisé en cette première année d’application, pour garantir la partie complémentaire, ceci, grâce aux fonds conventionnels collectés. Je me dois de mettre l’accent, s’il en est besoin, sur l’importance de ces fonds. Ils sont essentiels à la mutualisation de nos moyens propres à la branche dans une indépendance financière, bien que je sois conscient de l’effort budgétaire nécessaire pour certains de nos employeurs. Certains territoires auront la chance de voir leur Conseil Régional participer au financement. Je note qu’il est dommage que dans un programme national, initié par L’État, toutes les régions ne soient pas traitées de façon équitable !

Mais le financement n’est qu’une partie, non négligeable certes, des sujets qui nous abordent avec cette réforme. Elle esquisse le thème qui vient rejoindre un sujet cher à L’État : le regroupement des branches. En modifiant le rôle, et le nombre des OPCA qui deviennent des OPCO (OPérateurs de COmpétences), la loi préfigure le mouvement de diminution du nombre de branches. Nous pourrons débattre sur cette question, y mettre des avantages et des inconvénients, mais l’évolution est « en marche ». Cependant, en y réfléchissant, ne pourrions-nous pas y voir une opportunité ? Nous saurions ainsi aller de l’avant et participer, au maximum de nos moyens, à cette mutation. Imaginons ainsi en être les architectes et acteurs au lieu de subir une décision des pouvoirs publics dont je doute que quelle qu’elle soit, sera loin de nous convenir. N’est-il pas temps de réunir nos partenaires, associatifs, syndicaux et avec toutes les composantes définir « l’employeur spécifique d’insertion ». Nous aurons bien entendu besoin des réseaux et de toutes les filières de l’insertion, mais nous pouvons voir émerger, à travers nos différences, nos sensibilités spécifiques, une démarche commune, dirigée vers les personnes qui en ont le plus besoins, le métier d’opérateur d’Insertion et la reconnaissance de notre savoir-faire.

Notre syndicat, malgré son jeune âge, détient une expérience unique de rassemblement des employeurs dans ce domaine. Il peut devenir moteur, et pourquoi pas fédérateur de ce mouvement. Il peut s’inspirer d’une citation de Ghandi : « Incarnez vous-même le changement auquel vous voulez que les autres aspirent ».

Une chose est sûre, nous sommes encore loin d’avoir fait le tour du sujet, mais le Syndicat sera auprès de vous dans tous les efforts qu’il nous faudra, je n’en doute pas, développer pour la construction de ce chantier. Mais peut-être verrons-nous apparaître à travers ce qui nous est le plus cher et que nous partageons entre tous, la définition de notre métier : Employeur Spécifique d’Insertion.

Vincent Molina, juillet 2018